Le lundi de 14h à 16h venez prendre un "café au Féminin" (Journal 4)
Depuis quelques mois Fanny LOMBARD salariée de l’association Femmes Relais 90, la nouvelle animatrice de l’activité hébergée au CCSBN « Café au Féminin » vous accueille le lundi après-midi de 14h à 16h.
« L’association Femmes Relais 90 existe depuis 12 ans. Étant donnée la réussite de l’activité « Café au Féminin », la ville de Belfort a eu pour volonté de l'essaimer sur quatre autres quartiers de Belfort : tous les lundis après-midi de 14h à 16h au Centre Culturel et Social Belfort Nord, tous les mardis de 9h à 11h à la Maison de Quartier des Glacis, tous les mercredis de 14h à 16h au Centre Culturel et Social de la Pépinière ,et tous les jeudis de 14h à 16h à la Maison de Quartier Jacques Brel. Notre champ de compétences est différent d’un centre socioculturel. Nous favorisons davantage l’intégration et l’autonomie de la femme.»
Femmes relais 90 a confié à Fanny, titulaire d'un DUT carrière sociale option gestion urbaine et d'une licence pro animation coordination et intervention sociale, le soin d'animer ces « Cafés au Féminin ».
« Nous avons des contacts réguliers entre professionnels, c’est un réel travail en partenariat. L’idée est d’accueillir un public extérieur aux centres, un public qui ne franchirait pas forcément les portes des centres socioculturels. »
Avec un nombre croissant d’inscrits, et qui ne cesse d’augmenter chaque année, l’association FEMMES RELAIS 90 accueille 200 femmes sans compter celles des quartiers comme ici à Belfort Nord, et de plus de 26 nationalités différentes.
« Concrètement le fonctionnement est simple : la personne entre, on l’accueille, elle s’installe. C’est un espace rencontre chaleureux et convivial. Il s’agit d’un temps de discussions, de débats autour d’un café, d’un thé ou d’un chocolat d’où le nom « Café au Féminin »! Une fois par mois environ nous organisons des temps de rencontres et d’échanges avec des intervenants professionnels sur différents thèmes notamment autour de l’accès aux droits, à la santé, et à la citoyenneté »
Dans cette activité, pas de tabou, pas de contrainte, chacune est libre.
« Les femmes arrivent et partent quand elles le veulent. Aucune obligation, elles sont libres d’arriver à 14h30 et de partir à 16h, ou à 15h30. Ne pas venir une semaine parce qu’elles ont un rendez-vous avec un professeur par exemple. L’un des objectifs est aussi de les impliquer dans la vie locale avec ses contraintes, pour participer activement à leur propre vie et à celles de leurs enfants. Elles peuvent venir une fois puis revenir un mois après. Toutes les discussions peuvent être abordées sans crainte et sans jugement. « Tout, on discute sur tout sans tabou! »
Explique Yasmina, l'une des participantes.
« J'ai adhéré au principe tout de suite! Moi, je parle avec tout le monde, j'aime le monde, plus je suis entourée plus je suis contente. Et cela m'a apportée beaucoup, j'ai découvert des choses que j'ignorais. Imaginez il y a je ne sais pas combien de nationalités et tout le monde s'entend! On discute de la culture, des traditions... ».
Toutes les habitantes sont invitées à partager ce moment. Les motivations des femmes qui appartiennent au groupe sont diverses.
« Certaines ont des questions personnelles sur, par exemple, le logement, la santé, l’emploi, l'éducation, la mobilité, l’endettement, ou des questions sur des situations particulières « SFR, ça ne marche pas » et quand on ne parle pas bien français, ce n’est pas évident! Soit on traite ces problématiques de façon individuelle, soit on l'appréhende en groupe avec l’expérience de chacune. Beaucoup de femmes ont été aidées, il y a cinq, dix ans ; elles souhaitent parler de leurs expériences et montrer aux autres qu'elles ne sont pas seules dans ce cas. Le groupe et la confrontation d'idées sont vecteurs de construction et de changement personnel. Ce peut être aussi des dames seules, qui aspirent à sortir de leur isolement, ou tout simplement des femmes qui souhaitent voir du monde, changer du quotidien et prendre du temps pour elles. L'une d'entre elles m’a dit un jour : « J’ai vu votre affiche il y a 1 mois, mais je viens seulement maintenant parce que je n’osais pas, parce que j’étais toute seule, parce que j’ai oublié et j’avais d’autres soucis » . Aujourd'hui elle vient toutes les semaines. Nous jouons également un rôle d'interface entre la population et les institutions : on oriente vers des professionnels, auprès de structures adaptées en fonction des besoins des participantes ».
Malgré les essaimages récents dans les quartiers, l’activité « Café au Féminin » remporte un vif succès.
« Aux Glacis » nous sommes une quinzaine chaque semaine, sur le quartier de la pépinière, il y a un peu moins d'une dizaine de femmes, sur « Jacques Brel, les résidences la Douce » c’est plus difficile, les habitants sont plus isolés… Après c’est une activité récente, qui n'a même pas encore un an. Aujourd'hui, nous sommes dans la construction des groupes, il faut établir un climat de confiance et créer des groupes solides pour, par la suite, mettre en place des interventions avec des professionnels compétents et des actions adaptées aux attentes et aux besoins des participantes. Nous sommes attentives à leurs demandes. Au CCSBN, de plus en plus de femmes prennent part à l'activité, il y a matière à développer beaucoup de choses. La mixité des groupes est une chance, on appréhende ainsi ces différences comme une source de richesse, une nouvelle approche. »
La pluri culturalité de ce public fait que ce genre d’activité a un bel avenir. Alors mesdames, osez vous donner rendez-vous le lundi après-midi autour d’un « Café au Féminin »
Françoise JENNEVIN – 03/01/2011
